EVALUE TON NIVEAU DE JAPONAIS AVEC LE TRADUCTEUR DE JOJO ET D’EVANGELION !

Paragraphes
Anthony Luffy
Anthony, traducteur des tomes 61 et 62 de One Piece, était présent à la "Nuit One Piece" de la Fnac de Toulouse

UN TRADUCTEUR DE MANGA DERRIÈRE JLPT EASY

Anthony Prezman est traducteur officiel de mangas depuis 25 ans pour plusieurs maisons d’édition (Glénat, Casterman, Tonkam, Vega), il fait partie de la première génération d'animé-fans qui ont oeuvré, chacun à leur niveau, à la reconnaissance du manga et de l'animation japonaise en France dans les années 90-2000.

 

 

1991 : le choc AKIRA

 

Lycéen de 15 ans, Anthony attrape le « virus manga » lors de la sortie du film AKIRA en France. Le film est un tel choc que le premier réflexe est le rejet (la fin, trop violente, n'a pas été digérée). Mais cette découverte ne cesse de le hanter, et il ressent le besoin de s'y confronter à nouveau. Puis à nouveau une troisième, quatrième, cinquième fois... À chaque fois, l'évidence se confirme : c'est le plus grand film qu'il ait jamais vu. Anthony découvre ensuite l'existence d'un certain "Miyazaki", à la faveur d'un article dans la presse. C'est tout un continent inexploré qui s'ouvre alors à lui, et il se sent investi de la responsabilité de le faire connaître par tous les moyens, malgré une méfiance et un rejet extrêmement forts de la société française envers ce qui vient du Japon (en particulier les mangas et l'animation japonaise, accusés à l'époque de "pervertir et d'abrutir" la jeunesse). On lui dira même un jour que les mangas "c'est du dessin nazi"...

Affiche VF Akira
Affiche française d'Akira. Ilustrateur/Graphiste : JM. Toussaint – © 1988 MASH • ROOM / AKIRA COMMITTEE All Rights Reserved

1992 - 1995 : les années AnimeLand

 

Sa rencontre avec Yvan West Laurence, rédacteur en chef du fanzine AnimeLand, sera décisive. Grâce à lui, il fait ses premiers pas dans le monde des "influenceurs" de l'époque : les rédacteurs d'articles ! Sa première chronique porte sur Cyber City OEDO 808, une série d’OAV de Yoshiaki Kawajiri, et deuxième claque de sa vie après Akira.

 

Pendant ses études, il crée un ciné club manga au sein du lycée Jules Ferry à Paris, dans lequel il diffuse des copies VHS "sous le manteau" (et parfois sans aucun sous-titres) de classiques de l'animation via le vidéo projecteur de l’école : Silent Möbius, Vampire Miyu, Project A-Ko, Beautiful Dreamer, Manie-Manie, Nausicaä de la vallée du vent, Le tombeau des lucioles

 

Avec des copains, fans de mangas tout comme lui, il crée l'Association Kaizen et le fanzine Vision Parallèle. Puis son ami FAHAR (qui a crée les mascottes et illustrations de JLPT Easy) l'aide à entrer aux éditions Glénat. Il y deviendra le "spécialiste manga" de la fin des années 90 jusqu’en 2010, année où il décide de quitter Paris pour aller vivre à Muret, près de Toulouse.

1996 - 2010 : les années Glénat


Lorsqu’Anthony arrive aux éditions Glénat, l’éditeur Grenoblois a besoin d’un spécialiste en mangas, et leur équipe n’en possède pas. Anthony reçoit donc plusieurs missions :

  • sélectionner des séries, les résumer et les proposer en vue de leur future édition
  • rédiger une newsletter mensuelle sur l’actualité manga (diffusée gratuitement dans toutes les librairies de France)
  • donner des idées pour améliorer le niveau de qualité globale
  • répondre au courrier des fans

 

En 1998, Naoko Takeuchi (Sailor Moon) arrive en France. Anthony propose de saisir cette opportunité pour créer le « Club Sailor Moon ». Après avoir rencontré et échangé avec la mangaka, il obtient d’elle une dédicace exclusive et la fait imprimer en exemplaires limités pour l’offrir aux personnes qui choisiront d’incarner leur Sailor préférée et répondront pendant deux mois aux (nombreux) courriers de leurs fans !

Dédicace Naoko Takeuchi
La dédicace de Naoko Takeuchi (Photo de Rosalys, qui fut l'une des "Sailor Saturne")

Mutation éditoriale

 

Anthony propose de scinder la collection en trois catégories, pour s’inspirer de la classification japonaise : shojo (pour les filles), shonen (pour les garçons) et seinen (pour les jeunes adultes masculins). Il bataille aussi fermement pour abolir les onomatopées françaises qui, à l’époque, recouvrent entièrement les japonaises au risque de masquer les 3/4 du dessin (comme c'était hélas le cas avec le manga Kenshin).

 

Anthony écrit aussi dans la revue Kaméha Magazine. Sur le plan éditorial, il impose le sens de lecture original japonais, l'apparition des jaquettes pliables et le respect des onomatopées.

Parmi les mangas dont il a conseillé l’édition, il y a : Mermaid Forest, Urusei Yatsura, Neon Genesis Evangelion, La dame de la chambre close, Berserk, Touch, Parasite, Eyeshield 21, Transparent, L'école emportée et Baptism. 

VHS EVANGELION
Les VHS historiques d'Evangelion (photo : Marine Alexandre)

1996 : EVA-01 : lancement !

 

Yvan West Laurence (qui connaît l'attrait d'Anthony pour Evangelion, une série TV de Gainax battant des records de popularité au Japon) le met en relation avec Carlo Levy, le patron de Dybex. En effet, celui-ci recherche un traducteur pour sortir Neon Genesis Evangelion en France. C’est ainsi qu’il fait ses débuts aux côtés de David Deleule sur la série TV culte qui sort en France au format VHS chez Dybex (qui s'appelle à l'époque Dynamic Visions) la même année, et peu de temps après sa diffusion japonaise : à l’époque, cette concomitance est inédite.

Expert reconnu de l’oeuvre de Hideaki Anno, il co-rédige le contenu des jaquettes encyclopédiques insérées dans les VHS et supervise toutes les étapes, de la traduction jusqu'à la validation des sous-titres. Il écrit aussi des articles et des dossiers, notamment dans les revues Kaméha Magazine et AnimeLand.

 

La série l'obsède tellement qu'il la fait découvrir au public français dans le cadre de deux conventions de manga, en traduction simultanée.

2006 : l'année charnière

 

Fin janvier, il co-anime (avec le journaliste Bertrand Rougier) les rencontres de la Bulle Manga avec les auteurs japonais du 33ème Festival International de la Bande dessinée d’Angoulême. C’est à cette occasion qu’il rencontre l’interprète et traductrice Satoko Fujimoto qui devient son « binôme » de traduction (encore aujourd’hui).

 

 

La même année, il publie en septembre aux éditions Bordas un « Guide des mangas » recensant les 100 séries indispensables de l’époque, en vulgarisant leur présentation pour la rendre la plus accessible possible aux profanes : bibliothécaires, libraires, et bien évidemment aux parents. Il s’entoure de talents tels que Julien Bastide, Nathalie Bougon et Matthieu Pinon. C’est la première fois que les éditions Bordas publient un ouvrage de ce genre, qui sera d'ailleurs très bien reçu par les bibliothécaires, les médiathèques et les libraires.

Bordas - Angoulême
Anthony (au micro) animant les conférences manga d'Angoulême en 2006
Université Fédérale
Anthony enseignant le japonais à l'Université Fédérale de Toulouse

2017 - 2022 : enseigner le japonais autrement

 

Fort de son expérience en tant que traducteur, Anthony décide de se consacrer en parallèle à l'enseignement du japonais, à distance mais également en présentiel. Il utilise fréquemment les mangas comme support d'apprentissage auprès d'élèves qui sont aussi passionnés qu'il l'était quand il avait leur âge.

Désormais installé près de Toulouse, il enseigne le japonais en 2018 à l'Université Fédérale de Toulouse dans les locaux de Science Po, notamment à des étudiants en médecine.

 

En 2020, alors en pleine période de confinement, il a l'idée de créer des examens de japonais accessibles en ligne et se lance dans le projet JLPT Easy. Ce dernier prend enfin une forme définitive en 2022.

TOUT LE MONDE EST BIENVENU

 

L’idée derrière JLPT Easy est simple : c’est de fusionner l’univers des mangas, la culture japonaise, et l’apprentissage de la langue nippone.

 

En effet, quand Anthony a commencé le japonais dans les années 90, s’intéresser aux mangas était très mal vu par les professeurs (heureusement ça a un peu changé depuis !)

 

Pourtant, on sait aujourd’hui que joindre l’utile à l’agréable est la meilleure façon de développer le potentiel d’un élève. La raison d’être de JLPT Easy est précisément de favoriser le plaisir d’apprendre, dans un cadre que l’élève apprécie et qui le motive.

 

Tout japonisant (quel que soit son niveau) a forcément connu une période où il a été totalement débutant. Et c’est ok, il n’y a pas de honte à avoir pour ça, le japonais n’est pas une course contre la montre et encore moins un sprint ! Chez JLPT Easy, personne ne sera jugé sur son rythme d'apprentissage, parce que chacun de nous est unique.


Peut-être apprends-tu déjà le japonais ? En autodidacte, avec des livres ou en suivant des vidéos sur YouTube ? Avec un prof particulier ou dans ton école, auprès d’autres élèves ?

 

Qu'est-ce qui te motive à apprendre cette langue ? 

  • converser avec des correspondants japonais ?
  • préparer un futur voyage ?
  • apprécier encore plus tes animés en VO, ou lire les mangas en japonais ?
  • savoir écrire ton nom en japonais ?

 

En fait, tout le monde peut avoir une raison personnelle d'apprendre le japonais, sans pour autant se mettre une pression monumentale ni viser le niveau N1 (le jalon le plus élevé du test JLPT).

 

C’est là que les tests Hiyoko interviennent : ils vont te permettre de savoir précisément où tu te situes sur une nouvelle échelle de trois niveaux. Les paliers sont suffisamment progressifs pour accompagner le débutant pas à pas, tout au long de son parcours d'apprentissage. À la fin de ce premier parcours (qui se conclut par l’obtention du niveau N6) l'élève aura fait la preuve qu'il possède les bases fondamentales de la langue.

Liste des mangas traduits (1998 à nos jours)

 

  • 1998 : Mermaid Forest de Rumiko Takahashi
  • 2004 : L'École emportée de Kazuo Umezu
  • 2006 : Baptism de Kazuo Umezu
  • 2006-2015 : Claymore de Norihiro Yagi
  • 2008 : Oh-Roh et Oh-Roh Den de Kentarô Miura et Buronson
  • 2008-2010 : Ultra Heaven de Keiichi Koike
  • 2008-2012 : Shin Chan saison 2 de Yoshito Usui
  • 2008-2013 : Neuro de Yûsei Matsui
  • 2008-2014 : Neon Genesis Evangelion vol. 6 à 14 de Yoshiyuki Sadamoto
  • 2009 : Heaven's Door de Keiichi Koike
  • 2009-2010 : Arakure - Princesse Yakuza de Kiyo Fujiwara
  • 2009-2012 : Docteur Slump (Perfect Edition) d'Akira Toriyama
  • 2011 : Neon Genesis Evangelion : Gakuen Datenroku de MING Ming
  • 2011-2015 : Scary Lesson de Emi Ishikawa
  • 2012 : The Earl and the Fairy de Ayuko ; d'après une œuvre de Mizue Tani
  • 2012 : One Piece vol. 61 et 62 de Eiichirō Oda
  • 2014 : Stardust Crusaders vol. 14 à 16 (Jojo's bizarre adventure part 3) de Hirohiko Araki
  • 2014 : Phantom Blood (Jojo's bizarre adventure part 1) de Hirohiko Araki
  • 2014-2016 : Minimum de Maya Miyazaki
  • 2014-2016 : Steel Ball Run vol. 8 à 24 (Jojo's bizarre adventure part 7) de Hirohiko Araki
  • 2015 : Battle Tendency (Jojo's bizarre adventure part 2) de Hirohiko Araki
  • 2015-2016 : Diamond is Unbreakable (Jojo's bizarre adventure part 4) de Hirohiko Araki
  • 2015-2016 : Kokkoku de Seita Horio
  • 2016 : Rumic World 1 or W de Rumiko Takahashi
  • 2016-2023 : Jojolion (Jojo's bizarre adventure part 8) de Hirohiko Araki
  • 2016-2019 : Jojo's - Rohan Kishibe de Hirohiko Araki
  • 2017 : À la folie... Pas du tout ! de Sora Ono
  • 2019-2022 : The Red Rat in Hollywood de Osamu Yamamoto
  • 2020-2021 : Maison Ikkoku (Perfect Edition) de Rumiko Takahashi
  • 2021 : My Capricorn Friend de Otsuichi et Masaru Miyokawa